La journée de travail d’une ouvrière haïtienne
Posté: 2008 Avr 23 - 06:54
• A Haïti, les récentes émeutes de la faim ont tué plusieurs personnes et coûté son poste au Premier ministre. Sophie Claudet et Willy Bracciano ont suivi la journée de travail d’une ouvrière, payée un euro et demi.
La journée de travail commence au parc industriel de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti. Comme Paulaine Fidèle, ils sont des milliers à travailler ici dans des entreprises de textile. Les produits sont destinés à l’export, pour un salaire d’un euro et demi par jour. Paulaine coud huit heures par jour des shorts et des maillots de sport qui sont exportés vers les Etats-Unis. La condition posée par le gérant pour visiter l’usine : ne pas parler aux ouvriers et ne pas donner le nom de la marque américaine.
Jean Kesner Delmas, le patron du parc industriel croit en son projet créateur d’emplois.
"Notre politique est de donner la possibilité à des entreprises industrielles d’exportation de s’établir ici. Car le minimum d’emplois créé dans une entreprise industrielle d’exportation est de 300 emplois par bâtiment", explique le directeur général de la Sonapi, la Société nationale des parcs industriels.
Une gamelle de haricots
Nous retrouvons Paulaine à sa pause déjeuner. Il n’y a qu’une seule cantine où manger. Le plat de riz et de viande coûte une petite fortune pour ces ouvriers : au moins 7 dollars haïtiens sur les 14 gagnés par jour.
Quand Paulaine rentre chez elle, sa fille Samenka est déjà en train de préparer le maigre dîner – une gamelle de haricots. Veuve depuis 2006, Paulaine subvient seule, avec peine, aux besoins de ses trois enfants. Parfois elle n’y arrive pas.
Environ 70 % des Haïtiens sont au chômage. Et pour ceux qui ont la chance de travailler, le salaire minimum d’un euro et demi par jour est souvent à peine suffisant pour survivre, surtout quand les prix de la nourriture flambent.
Haïti est toujours sans Premier ministre
Des émeutes de la faim ont provoqué, le 12 avril dernier, la chute du gouvernement du Premier ministre haïtien Jacques-Edouard Alexis.
En visite de 48 heures dans le pays, le secrétaire d'Etat français à la coopération et à la francophonie Alain Joyandet a souhaité que la stabilité politique soit retrouvée "le plus rapidement possible".
Il a cependant reconnu qu'il était difficile d'investir, d'entreprendre et de construire en Haïti tant qu'il n'y avait pas de stabilité. Alain Joyandet sera reçu mercredi par le chef de l'Etat René Préval avant de quitter Haïti le même jour. France24
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