Ranmase : renvoi de Michelle Duvivier Pierre-Louis par le Sénat : René Préval dans le rôle de metteur en scène
Posté: 2009 Nov 02 - 07:12
• «Il n’y a aucun problème à ce qu’un nouveau chef du gouvernement soit désigné puisqu’il y a une nouvelle majorité au sénat mais, la manière de faire n’a pas fait honneur au président de la République qui aurait pris plaisir à détruire une amie de longue date », a déclaré l’ancien sénateur Samuel Madistin qui commentait la censure de Michèle Duvivier Pierre Louis au sénat jeudi dernier.
L’ancien sénateur Gabriel Fortuné est du même avis et croit même que les circonstances exigeaient le renvoi du chef de la Villa d’Accueil sauf que les sénateurs interpellateurs et leurs alliés ne se sont pas montrés à la hauteur. « En fait, le vrai gagnant de la séance a été le groupe minoritaire conduit par Latortue qui a défendu ses arguments avec compétence, brio et élégance », a indiqué le sénateur Fortuné qui a expliqué que les vraies raisons de la tombée de Mme Pierre Louis reste ses divergences avec le chef de l’Etat dans le dossier du chef du parquet (Joseph Manès Louis révoqué par le ministre Jean Joseph Exumé sans l’accord du président de la République).
Samuel Madistin estime pour sa part que le chef de l’Etat ne peut pas baisser le niveau aussi bas. «Ce serait grave si René Préval devait se mettre à régler des questions de si moindre importance », a commenté le juriste qui parle de comédie de voir des sénateurs mêlés jusqu’aux os dans la dilapidation des 197 millions de dollars s’ériger en juge pour « condamner » Mme Pierre Louis sur la même question. « C’est le monde à l’envers », a commenté l’ancien parlementaire. Evans Paul qui faisait partie du panel a indiqué que Mme Pierre Louis est victime de la même faute qui l’avait portée à la primature. « On avait refait le vote pour que Mme Pierre Louis réussisse, aujourd’hui, on organise la séance d’interpellation dans une conjoncture de convocation à l’extraordinaire sur des questions spécifiques », a constaté l’ancien maire de la capitale qui croit que Mme Pierre Louis aurait du descendre au sénat pour aller défendre ses arguments et sortir la tête haute comme elle l’avait souhaité.
«Elle a parlé l’avant-veille pendant 45 minutes mais, en fait, elle n’a donné aucune explication convaincante sur l’histoire des 197 millions », a ajouté le dirigeant de l’Alliance Démocratique qui croit que le fait par Mme Pierre Louis de déclarer qu’elle allait convoquer trois enquêtes dont une tout à fait indépendante est la preuve que la première ministre ne fait pas confiance aux structures de l’Etat comme la Cour Supérieure des Comptes. Me Jacquenet Oxilus croit lui-même que les sénateurs proches du pouvoir qui ont conduit l’interpellation n’ont pas fait honneur à l’institution et que cet épisode doit encourager les jeunes formés du pays à s’engager dans la politique.
Le sénateur Andrice Riché et le député David Genesté qui sont intervenus par téléphone ont abondé dans le sens critiquant l’attitude des sénateurs de LESPWA qui n’ont fait qu’obéir à l’appétit de pouvoir démesuré du président René Préval. En fin d’émission, les prisonniers de la Toussaint (Jean Auguste Mesyeux, Frantz Patrick Beauchard, Marinot Etienne et Evans Paul) ont rappelé le triste événement qui avait vu les sbires du président Prosper Avril (en fait des soldats) les maltraiter presque à mort. C’était, il y a 20 ans |